Chapitre IV

Module 4 : Fondamentaux de l'électronique

Guide d'étude SkyLicence avec diagrammes.

Module 4 : Fondamentaux de l'électronique – Aperçu de la catégorie B1.1

1. Aperçu du module

Le module 4 du programme de connaissances de base EASA Part-66 fournit la compréhension fondamentale des principes électroniques, des composants et des circuits nécessaire à la maintenance et au dépannage des systèmes modernes des aéronefs. Pour la catégorie B1.1 (mécanique, y compris les interfaces avioniques), ce module fait le pont entre les systèmes purement mécaniques et les environnements de plus en plus électroniques/contrôlés par logiciel des aéronefs à turbine. Le programme couvre les semi-conducteurs, les circuits intégrés, les cartes de circuits imprimés, les servomécanismes et les éléments fondamentaux des systèmes numériques et analogiques. Le niveau de connaissances requis est généralement le niveau 2 (connaissances générales) pour la plupart des sujets, certaines zones nécessitant une compréhension de niveau 3 (théorie détaillée), en particulier là où l'ingénieur certifiant doit prendre des décisions de dépannage indépendantes.

Le module est structuré pour fournir une progression logique de la physique des semi-conducteurs au niveau atomique à travers les composants discrets (diodes, transistors) jusqu'aux sous-systèmes électroniques complets (alimentations, amplificateurs, circuits logiques, bus de données). L'objectif ultime est de permettre à l'ingénieur B1.1 de comprendre les schémas fonctionnels des systèmes, d'effectuer des tests fonctionnels, d'interpréter les mesures et de diagnostiquer les pannes au niveau des composants et des sous-systèmes sans nécessairement concevoir des circuits.


2. Concepts clés expliqués en détail

2.1 Théorie des semi-conducteurs et dispositifs discrets (Module 4.1)

Structure atomique et dopage

Les matériaux semi-conducteurs, principalement le silicium (Si) et le germanium (Ge), possèdent quatre électrons de valence. Dans leur état pur (intrinsèque), ils sont de mauvais conducteurs. En introduisant des impuretés contrôlées (dopage), leur conductivité peut être précisément conçue. Deux types de semi-conducteurs dopés (extrinsèques) en résultent :

Matériau de type N : Dopé avec des atomes pentavalents (par exemple, le phosphore, l'arsenic) qui possèdent cinq électrons de valence. Quatre électrons se lient avec les atomes de silicium voisins, laissant un électron libre comme porteur de charge majoritaire.
Matériau de type P : Dopé avec des atomes trivalents (par exemple, le bore, l'indium) qui possèdent trois électrons de valence. Cela crée un « trou » (absence d'électron) qui agit comme un porteur de charge positif (le porteur majoritaire).

La jonction PN et le fonctionnement de la diode

Lorsque des matériaux de type N et de type P sont réunis, une région de déplétion se forme à la jonction, dépourvue de porteurs de charge libres. Cela crée une barrière de potentiel d'environ 0,7 V pour le silicium et 0,3 V pour le germanium.

Polarisation directe : L'application d'une tension positive sur le côté P (anode) et négative sur le côté N (cathode) réduit la région de déplétion. Lorsque la tension appliquée dépasse le potentiel de barrière, le courant circule librement. La chute de tension directe aux bornes d'une diode au silicium conductrice est typiquement de 0,7 V ; pour le germanium, elle est de 0,3 V.
Polarisation inverse : L'application d'une tension dans la direction opposée élargit la région de déplétion, et seul un faible courant de fuite (microampères pour le silicium) circule jusqu'à ce que la tension de claquage soit atteinte.

Diodes ZenerUne diode Zener est spécifiquement conçue pour fonctionner en toute sécurité dans la région de claquage inverse. Lorsque la tension inverse atteint la tension Zener (Vz), la diode conduit et maintient une tension presque constante à ses bornes sur une large plage de courants. Cela la rend idéale pour la régulation de tension et les applications de référence. Dans un régulateur de tension d'aéronef, une diode Zener fournit une tension de référence stable par rapport à laquelle la sortie est comparée et régulée.

Transistors bipolaires à jonction (BJT)

Un BJT est constitué de trois couches de matériau semi-conducteur disposées en NPN ou PNP. Il possède trois bornes : l'émetteur (E), la base (B) et le collecteur (C). La jonction base-émetteur est polarisée en direct, et la jonction base-collecteur est polarisée en inverse pour un fonctionnement actif normal.

Le paramètre clé est le gain en courant :

β (bêta) ou hFE : Le rapport du courant de collecteur continu (IC) au courant de base continu (IB), soit β = IC / IB. Les valeurs typiques vont de 20 à 300.
Dans une configuration à émetteur commun, l'entrée est appliquée à la base et la sortie est prélevée au collecteur. Cette configuration fournit à la fois un gain en courant et en tension, ce qui en fait l'étage amplificateur le plus largement utilisé.

Un faible courant de base contrôle un courant de collecteur beaucoup plus important, permettant au transistor d'agir comme un amplificateur ou un interrupteur. Dans les applications de commutation (par exemple, la commande de relais, de solénoïdes ou de lampes témoins), le transistor est saturé (pleinement passant) ou bloqué (pleinement ouvert).

2.2 Théorie du courant alternatif et production d'énergie (Module 4.2)

Production de courant alternatif triphasé

Les systèmes de production de courant alternatif des aéronefs utilisent généralement un générateur triphasé (alternateur). Trois enroulements distincts sont placés à 120° les uns des autres (électriquement) autour du stator. Lorsque le rotor (inducteur) tourne, trois tensions sinusoïdales sont induites, chacune déphasée de 120° par rapport aux autres. Cela fournit :

Une fourniture de puissance totale plus constante (la somme des puissances instantanées est constante).
La capacité d'alimenter directement des moteurs triphasés, qui sont plus efficaces et possèdent un champ magnétique tournant sans circuit de démarrage supplémentaire.

Fréquence du courant alternatif des aéronefs : 400 Hz

Contrairement au réseau électrique de 50 Hz (Europe) ou 60 Hz (États-Unis), les systèmes de courant alternatif des aéronefs fonctionnent à 400 Hz. La raison principale est la réduction du poids et de la taille. Les pertes dans le noyau (hystérésis et courants de Foucault) et les besoins en puissance réactive des transformateurs, moteurs et filtres évoluent avec la fréquence. À 400 Hz, les transformateurs et les composants magnétiques peuvent être considérablement plus petits et plus légers pour la même puissance nominale. Cela est essentiel dans les applications aérospatiales où le poids est un facteur critique. La fréquence de 400 Hz est générée par :

Les entraînements à vitesse constante (CSD) : Dispositifs mécaniques qui maintiennent une vitesse de générateur constante quelle que soit la vitesse du moteur.
Les générateurs à entraînement intégré (IDG) : Un CSD et un générateur combinés en une seule unité.
Les systèmes à fréquence constante à vitesse variable (VSCF) : L'électronique de puissance convertit le courant alternatif à fréquence variable en 400 Hz constant.

Transformateurs

Un transformateur fonctionne sur le principe de l'induction électromagnétique et ne fonctionne qu'avec du courant alternatif. Ses fonctions principales sont :

35.Transformation de tension : Élévation ou abaissement de la tension alternative selon le rapport de transformation (Vp/Vs = Np/Ns).
36.Isolement galvanique : Fournit une isolation électrique entre les circuits primaire et secondaire, ce qui est essentiel pour la sécurité et la réduction du bruit.Un transformateur ne convertit pas le courant continu en courant alternatif (c'est un onduleur), n'amplifie pas la puissance (il conserve la puissance, moins les pertes), et ne redresse pas le courant alternatif en courant continu (c'est un redresseur). La relation de puissance est : Pp = Ps (moins les pertes), donc si la tension est augmentée, le courant est diminué proportionnellement.

Unités Transformateur-Redresseur (TRU)

Une TRU est un dispositif statique (sans pièces mobiles) qui convertit la puissance alternative provenant des générateurs principaux ou de l'APU en puissance continue pour le bus DC. Elle se compose de :

Un transformateur abaisseur : Réduit le courant alternatif triphasé de 115/200 V à une tension alternative plus basse.
Une section redresseuse : Généralement un pont en pont de six diodes (pour triphasé) qui convertit le courant alternatif en courant continu pulsé.
Filtrage et régulation : Condensateurs/inductances de lissage et régulateurs de tension pour fournir une sortie stable de 28 V DC.

Les TRU sont préférées aux motor-générateurs (convertisseurs rotatifs) car elles sont plus légères, plus fiables, plus silencieuses et nécessitent moins de maintenance.

2.3 Capteurs et Transducteurs (Module 4.2/4.4)

Accéléromètres Piézoélectriques

Les matériaux piézoélectriques (par exemple, le quartz, le titanate de zirconate de plomb) génèrent une charge électrique proportionnelle à la contrainte mécanique appliquée. Dans un accéléromètre, une masse sismique comprime le cristal piézoélectrique lorsqu'il est soumis à des vibrations ou à une accélération. La charge générée est proportionnelle à l'accélération.

Caractéristiques clés :

La sortie est une tension alternative (AC) (ou charge) proportionnelle à l'amplitude et à la fréquence des vibrations.
En absence de vibration (condition statique), la sortie est nulle.
La sortie ne peut pas être mesurée avec un voltmètre DC ; elle nécessite une instrumentation à couplage AC ou un amplificateur de charge.

Considérations sur l'Amplificateur de Charge

Un accéléromètre piézoélectrique est une source à haute impédance qui génère une charge (Q). Lorsqu'il est connecté à un amplificateur de charge, la tension d'entrée est donnée par :

V = Q / C_total

où C_total est la capacité totale à l'entrée de l'amplificateur, qui comprend :

La capacité interne de l'accéléromètre.
La capacité du câble (qui est significative et varie avec la longueur et le type de câble).
La capacité d'entrée de l'amplificateur.

Si le câble est endommagé ou remplacé par un câble plus long, l'augmentation de la capacité réduit la tension d'entrée pour la même charge, diminuant ainsi l'amplitude du signal mesuré. C'est une considération de dépannage critique : un câble endommagé avec une capacité accrue entraînera une lecture de vibration faible ou erratique, et non une défaillance complète.

Thermocouples

Un thermocouple se compose de deux fils métalliques dissemblables soudés aux deux extrémités. La jonction de mesure (chaude) est placée au point de mesure (par exemple, dans le flux des gaz d'échappement pour l'EGT). La jonction de référence (froide) est à l'instrument de mesure. La tension générée est fonction de la différence de température entre les jonctions chaude et froide (effet Seebeck).

Pour une mesure précise, la Compensation de Jonction Froide (CJC) est essentielle. La jonction froide est généralement à l'indicateur/amplificateur, qui n'est pas à 0°C. Le circuit de conditionnement du signal doit mesurer la température réelle de la jonction froide et ajouter une tension de compensation équivalente à ce que le thermocouple générerait si la jonction froide était à 0°C.

Thermocouple de type K (chromel-alumel) a une sensibilité (coefficient de Seebeck) d'environ 41 µV/°C. Pour une jonction de référence à 0°C, la température est calculée comme suit :

T = V_mesurée / Sensibilité

Exemple : V = 20,64 mV, Sensibilité = 41 µV/°C = 0,041 mV/°CT = 20,64 / 0,041 ≈ 503,4 °C

Capteurs capacitifs de quantité de carburant

Une sonde capacitive de carburant est essentiellement un cylindre coaxial ou un condensateur à plaques parallèles. La capacitance est donnée par :

C = ε × A / d

où :

ε = permittivité du diélectrique (ε = εr × ε0, où εr est la permittivité relative et ε0 est la permittivité du vide, 8,85 × 10⁻¹² F/m)
A = surface des plaques
d = distance entre les plaques

L'air a une permittivité relative (εr) de 1,0. Le carburant aviation (par exemple, Jet A) a une permittivité relative d'environ 2,1. Lorsque le niveau de carburant augmente, le carburant remplace l'air entre les plaques, augmentant la constante diélectrique effective, et donc la capacitance augmente.

Pour une relation linéaire entre le niveau de carburant et la capacitance :

C_niveau = C_vide + (Fraction de carburant) × (C_plein - C_vide)

Exemple : C_vide = 200 pF, C_plein = 500 pF, Carburant = 60 %

C = 200 + 0,6 × (500 - 200) = 200 + 180 = 380 pF

2.4 Amplificateurs opérationnels et comparateurs (Module 4.4)

Fondamentaux de l'amplificateur opérationnel (Op-Amp)

Un amplificateur opérationnel est un amplificateur différentiel à couplage continu à gain élevé avec :

Deux entrées : inverseuse (-) et non-inverseuse (+).
Une sortie.
Une impédance d'entrée très élevée (idéalement infinie).
Une impédance de sortie très faible (idéalement nulle).
Un gain de tension en boucle ouverte très élevé (typiquement 100 000 ou plus).

Configuration comparateur

Lorsqu'un amplificateur opérationnel est utilisé sans rétroaction (boucle ouverte), il fonctionne comme un comparateur. La sortie bascule vers l'un des deux états de saturation :

Si V(+) > V(-) : La sortie passe à la saturation positive (près de +V_alimentation).
Si V(+) < V(-) : La sortie passe à la saturation négative (près de -V_alimentation).

Dans un système de contrôle de température :

La tension du capteur (représentant la température réelle) est appliquée à une entrée.
La tension de consigne (représentant la température souhaitée) est appliquée à l'autre entrée.
La sortie pilote un transistor/une vanne pour contrôler le chauffage ou le refroidissement.

Si la cabine est trop froide et que le chauffage ne s'allume pas, et que la sortie de l'amplificateur opérationnel est à saturation négative, cela indique que l'entrée non-inverseuse est inférieure à l'entrée inverseuse. Cela pourrait signifier :

La consigne est réglée trop bas (mauvais réglage).
Le capteur fournit une tension incorrecte (trop élevée).
Le câblage est défectueux (par exemple, entrées inversées).

L'amplificateur opérationnel lui-même fonctionne probablement correctement ; le défaut se trouve dans les signaux d'entrée.

Portes Logiques Numériques Portes Logiques Numériques Porte ET A B Y = A·B A B Y 0 0 0 0 1 0 1 0 0 1 1 1 Porte OU A B Y = A+B A B Y 0 0 0 0 1 1 1 0 1 1 1 1 Porte NON (Inverseur) A Y = Ā A Y 0 1 1 0 Porte NAND A B Y = A·B A B Y 0 0 1 0 1 1 1 0 1 1 1 0 Porte NOR A B Y = A+B A B Y 0 0 1 0 1 0 1 0 0 1 1 0 Porte XOR A B Y = A⊕B A B Y 0 0 0 0 1 1 1 0 1 1 1 0 Exemple Pratique : Logique Combinatoire Circuit : A B C Y = (A·B) + C A B C Y 0 0 0 0 0 0 1 1 0 1 0 0 0 1 1 1 1 0 0 0 1 0 1 1 1 1 0 1 1 1 1 1 EASA Part-66 Module 4 - Fondamentaux Électroniques | Portes Logiques Numériques

2.5 Fondamentaux numériques et portes logiques (Module 4.4/4.5)

Portes logiques de base

Les circuits numériques fonctionnent avec deux niveaux de tension : HAUT (logique 1, typiquement 5 V) et BAS (logique 0, typiquement 0 V). Les portes fondamentales sont :

PorteSymboleCondition de sortieTable de vérité (2 entrées)
ETHAUTE uniquement lorsque TOUTES les entrées sont HAUTES00→0, 01→0, 10→0, 11→1
OU≥1HAUTE lorsque N'IMPORTE QUELLE entrée est HAUTE00→0, 01→1, 10→1, 11→1
NON-ET• avec bulleBASSE uniquement lorsque TOUTES les entrées sont HAUTES00→1, 01→1, 10→1, 11→0
NON-OU≥1 avec bulleHAUTE uniquement lorsque TOUTES les entrées sont BASSES00→1, 01→0, 10→0, 11→0
OU EXCLUSIF=1HAUTE lorsque les entrées sont DIFFÉRENTES00→0, 01→1, 10→1, 11→0

Exemple d'application : Indication du train d'atterrissage

Un indicateur typique de position du train d'atterrissage utilise :

Une porte ET pour allumer le voyant vert (sorti et verrouillé).
Les entrées de la porte ET proviennent de capteurs de proximité ou de micro-interrupteurs sur les jambes et les verrous du train.Si le train est sorti et verrouillé, les deux capteurs doivent fournir des signaux HAUT (5 V). Si une entrée est mesurée BASSE (0 V) et que la sortie est BASSE, la porte ET fonctionne correctement (elle exige que TOUTES les entrées soient HAUTES). La panne se situe dans le capteur fournissant le signal BAS, ou le train n'est pas réellement sorti et verrouillé. La porte elle-même n'est pas défectueuse.

2.6 Électronique de puissance et relais à semi-conducteurs (Module 4.3/4.8)

Relais à semi-conducteurs (SSR)

Un SSR utilise des dispositifs à semi-conducteurs (généralement des MOSFET ou des thyristors) au lieu de contacts mécaniques pour commuter les charges. Il offre :

Une commutation rapide (aucune usure mécanique).
Une isolation entre les circuits de commande et de charge (via un optocoupleur).
Aucun arc électrique ni rebond de contact.

Dissipation de puissance dans les dispositifs de commutation

Lorsque le commutateur de sortie d'un SSR est entièrement saturé (ON), il présente une résistance à l'état passant (R_on) faible mais finie. La puissance dissipée est :

P = I² × R_on

Exemple : Courant de charge = 10 A, R_on = 0,05 Ω

P = (10)² × 0,05 = 100 × 0,05 = 5 W

Cette dissipation de puissance est essentielle pour la gestion thermique. Le SSR doit être monté sur un dissipateur thermique pour évacuer cette chaleur et maintenir un fonctionnement fiable. Une dissipation de puissance excessive entraîne une surchauffe et une défaillance prématurée.

2.7 Fibres optiques (Module 4.5)

Réflexion interne totale

Les fibres optiques transmettent des données à l'aide d'impulsions lumineuses. Le principe est la réflexion interne totale :

La fibre se compose d'un cœur (indice de réfraction plus élevé, n1) entouré d'une gaine optique (indice de réfraction plus faible, n2).
La lumière pénétrant dans le cœur à un angle supérieur à l'angle critique (θc) est entièrement réfléchie vers le cœur à la limite cœur-gaine.
L'angle critique est donné par : sin(θc) = n2 / n1

Cela permet à la lumière de parcourir de longues distances avec une perte minimale. La lumière ne quitte jamais le cœur ; elle rebondit le long de la fibre par des réflexions internes totales répétées.

Avantages des fibres optiques dans les aéronefs :

Immunité aux interférences électromagnétiques (EMI).
Bande passante élevée (grande capacité de données).
Poids léger et taille réduite.
Isolation électrique (aucune boucle de masse ni risque d'étincelles).

2.8 Systèmes de communication – Récepteur superhétérodyne (Module 4.7)

Étage mélangeur

Dans un récepteur superhétérodyne, le mélangeur (ou convertisseur de fréquence) combine le signal radiofréquence (RF) entrant avec un signal généré localement par un oscillateur local (OL). La sortie contient :

La fréquence somme (RF + OL).
La fréquence différence (RF - OL).

L'une de ces fréquences (généralement la différence) est sélectionnée comme fréquence intermédiaire (FI).

L'objectif principal du mélangeur est la conversion de fréquence (conversion par abaissement). La FI est inférieure à la RF, ce qui offre :

Une meilleure sélectivité : Les filtres à la FI peuvent être réalisés avec un facteur Q (facteur de qualité) élevé et une bande passante étroite, permettant la réjection des canaux adjacents.
Une amplification plus facile : Les amplificateurs aux fréquences plus basses sont plus stables et moins sujets aux oscillations.
Une bande passante d'accord constante : La FI est fixe quelle que soit la fréquence RF accordée.

Le mélangeur n'amplifie pas, ne module pas et ne supprime pas directement le bruit ; sa seule fonction est la translation de fréquence.

2.9 FADEC et architecture à double canal (Module 4.10)

Commande numérique moteur à pleine autorité (FADEC)

Les moteurs à turbine modernes utilisent des systèmes FADEC/EEC (commande électronique du moteur) qui gèrent tous les aspects du fonctionnement du moteur : débit de carburant, géométrie variable, allumage et fonctionnement de l'inverseur de poussée.

Redondance à double canalLes systèmes FADEC utilisent une architecture à double canal (Canal A et Canal B) pour la redondance :

Les deux canaux reçoivent les mêmes entrées de capteurs et calculent les mêmes paramètres indépendamment.
Les canaux se vérifient mutuellement leurs sorties.
Si les valeurs calculées diffèrent au-delà d'une tolérance, un défaut est signalé.

Philosophie de gestion des défauts

Lorsqu'une divergence est détectée :

150.Le système identifie le canal défectueux (à l'aide d'une logique de vote, d'une comparaison avec une troisième source ou d'un autotest).
151.Le canal défectueux est désengagé (mis hors ligne).
152.Le système revient au canal sain avec une dégradation à sécurité intégrée (par exemple, autorité limitée ou programmes fixes).
153.Un message de maintenance est généré pour l'équipage de conduite et le personnel de maintenance.

Cette philosophie garantit qu'une défaillance d'un seul canal n'entraîne pas la perte du contrôle du moteur. Le système est conçu pour être à sécurité intégrée et opérationnel en cas de défaillance pour les fonctions critiques.


3. Formules et relations importantes

FormuleApplication
V = I × RLoi d'Ohm – fondamentale pour toute analyse de circuit
P = V × I = I² × R = V² / RDissipation de puissance dans les éléments résistifs et de commutation
C = ε × A / dCapacité d'un condensateur à plaques parallèles
C = Q / VDéfinition de la capacité
V = Q / C_totalTension à l'entrée de l'amplificateur de charge (capteur piézoélectrique)
T = V / SensibilitéTempérature du thermocouple à partir de la tension mesurée (référence 0°C)
β = IC / IBGain en courant du BJT (émetteur commun)
Vp / Vs = Np / NsRapport de transformation du transformateur
P = I² × R_onDissipation de puissance dans un interrupteur à semi-conducteur saturé
C_niveau = C_vide + (Fraction de carburant) × (C_plein - C_vide)Niveau de carburant capacitif linéaire
sin(θc) = n2 / n1Angle critique pour la réflexion totale interne
f_FI = f_RF - f_OLFréquence intermédiaire dans un récepteur superhétérodyne
Déphasage = 360° / nRelation de phase dans la génération AC à n phases (120° pour triphasé)

4. Relations courantes entre les concepts

Semi-conducteurs ↔ Alimentations électriques : Les diodes (redresseurs) convertissent l'AC en DC ; les diodes Zener assurent la régulation de tension ; les transistors (BJT/MOSFET) sont utilisés dans les régulateurs linéaires et les régulateurs à découpage.

Capteurs ↔ Conditionnement du signal : Les capteurs piézoélectriques nécessitent des amplificateurs de charge ; les thermocouples nécessitent une compensation de jonction froide ; les capteurs capacitifs nécessitent une excitation AC et des circuits en pont. Tous produisent de petits signaux qui doivent être amplifiés et conditionnés avant utilisation par le système.

Portes logiques ↔ Verrouillages système : Les portes ET fournissent des verrouillages de sécurité (par exemple, train d'atterrissage sorti ET verrouillé) ; les portes OU fournissent des chemins alternatifs (par exemple, l'un ou l'autre système hydraulique peut fournir la pression) ; les portes NOR fournissent des conditions à sécurité intégrée (par exemple, sortie HAUTE uniquement lorsqu'aucun défaut n'est présent).

Transformateurs ↔ Conversion de puissance : Les transformateurs élèvent/abaissent la tension AC ; les TRU combinent des transformateurs avec des redresseurs pour produire du DC ; les onduleurs convertissent le DC en AC (par exemple, pour les systèmes VSCF).

Amplificateurs opérationnels ↔ Systèmes de contrôle : Les amplificateurs opérationnels sont utilisés comme comparateurs (consigne vs. valeur réelle), amplificateurs (conditionnement du signal des capteurs) et intégrateurs/dérivateurs (compensation de boucle de contrôle).

FADEC ↔ Capteurs ↔ Actionneurs : Le FADEC reçoit les entrées de plusieurs capteurs (thermocouples, transducteurs de pression, capteurs de vitesse), les traite via des calculateurs à double canal et pilote les actionneurs (vannes de dosage de carburant, aubes de stator variables) via des pilotes à semi-conducteurs.


5. Points d'examen typiques1. **Fondamentaux des semi-conducteurs** : Chutes de tension directe (Si = 0,7 V, Ge = 0,3 V) ; fonctionnement de la diode Zener en claquage inverse ; gain en courant du BJT (β = IC/IB).

168.Génération de courant alternatif : Déphasage triphasé de 120° ; fréquence aéronautique de 400 Hz et ses avantages en termes de poids et de taille ; fonctions du transformateur (transformation de tension et isolation uniquement).
169.Conversion de puissance : Fonction du TRU (conversion CA en CC) ; dissipation de puissance des relais à semi-conducteurs (P = I²R).
170.Capteurs et transducteurs : Caractéristiques de l'accéléromètre piézoélectrique (sortie CA, zéro au repos, effets de la capacité du câble) ; compensation de soudure froide des thermocouples ; capteurs de carburant capacitifs (la capacité augmente avec le niveau de carburant).
171.Portes logiques : Tables de vérité pour ET, OU, NAND, NOR, XOR ; application des portes ET dans les verrouillages de sécurité ; condition de sortie de la porte NOR (HAUT uniquement lorsque toutes les entrées sont BAS).
172.Comparateurs à amplificateur opérationnel : États de saturation de sortie basés sur la comparaison des entrées ; dépannage des circuits comparateurs.
173.Fibres optiques : Réflexion interne totale ; angle critique ; relation entre les indices de réfraction du cœur et de la gaine.
174.Systèmes de communication : Fonction du mélangeur dans les récepteurs superhétérodynes (conversion de fréquence en FI).
175.Architecture FADEC : Redondance à double canal ; recoupement ; détection de défauts et reconfiguration.
176.Compétences en calcul : Capacité à niveau de carburant partiel ; température du thermocouple à partir de la tension ; dissipation de puissance dans les interrupteurs ; rapport de transformation du transformateur.

6. Références réglementaires

Règlement (UE) n° 1321/2014, Annexe III (Part-66) : Établit les exigences de connaissances de base pour les licences de maintenance aéronautique.
Appendice I de la Part-66 : Définit le programme du Module 4 (Fondamentaux électroniques) avec les niveaux de connaissances :
Niveau 1 : Aperçu général (familiarité avec les concepts de base).
Niveau 2 : Connaissances générales (compréhension des principes et des applications).
Niveau 3 : Théorie détaillée (compréhension approfondie permettant le dépannage et la prise de décision indépendante).
AMC/GM de la Part-66 : Moyens de conformité acceptables et documents d'orientation fournissent une interprétation supplémentaire et des conseils pour les examens.

La catégorie B1.1 exige des connaissances du Module 4 aux niveaux 2 et 3, avec un accent sur l'application pratique dans les systèmes d'aéronefs (moteurs à turbine, train d'atterrissage, systèmes de carburant, contrôle environnemental et FADEC).

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